Archives par mot-clé : Fête de Pâques

Pâques – Dimanche – Christ en gloire

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Salvator Rosa – Christ en gloire

A chacun je l’annonce : Il est vivant,
Il est ressuscité ;
Au milieu de nous, Il est là, présent,
Avec nous pour toujours.

Je le dis à tous, que chacun de même
A ses amis l’annonce,
Pour que se lève en tous lieux sans retard
Le jour du royaume des cieux.

Voici le monde, au sens nouveau, qui s’offre
A présent comme une patrie ;
Chacun reçoit, enchanté, de Sa main
Le don d’une nouvelle vie.

Au plus profond des abîmes marins
S’engloutit l’horreur de la mort ;
Léger, serein, chacun peut désormais
Considérer son avenir.

La voie obscure où Il a cheminé
Nous ouvre le chemin du ciel ;
Celui aussi qui entend Son conseil
Arrive à la Maison du Père.

Désormais nul n’aura plus à pleurer
Quand quelqu’un fermera les yeux;
Par l’ au revoir assuré, tôt ou tard,
Cette douleur est radoucie.

Chacun aura, avec chaque bonté,
L’occasion de chauffer son cœur,
Puisque pour lui cette semence ira
S’épanouir en fleurs splendides.

Il est vivant, et près de nous Il reste
Même si tout nous abandonne!
Aussi pour nous est-ce aujourd’hui la Fête
Du Renouveau Universel.

Novalis (Hymnes à la Nuit)

Pâques – Samedi – Descente aux limbes

Le Christ au sépulcre gardé par deux anges - William Blake
Le Christ au sépulcre gardé par deux anges – William Blake

Comme Lui, que l’amour inspire,
A nous tout entier s’est donné
Et s’est couché dedans la terre
Pour fonder la Cité de Dieu.

Novalis – Cantique XI

Descente aux limbes - Fra Angelico
Descente aux limbes – Fra Angelico

Ceux que tu as perdus, Il les a retrouvés,
Tu verras près de Lui ceux que tu as aimés :
Et ceux que Sa main t’a restitués
A toi pour toujours restent attachés.

Novalis – Cantique III

Pâques – Vendredi – La Passion du Christ

La flagellation - Guercino
La flagellation – Guercino
Ecce homo - Coreggio
Ecce homo – Coreggio
Chemin du calvaire - Bassano
Chemin du calvaire – Bassano
Le Christ portant sa croix - Ambrogio de Predis
Le Christ portant sa croix – Ambrogio de Predis

C’est vrai, Seigneur, horribles sont leurs crimes,
Mais si grands
Ouverts les bras de ta miséricorde
Que tu vas les reprendre et leur donner
L’évidence des signes,
Les prophètes tonnants,
La douleur salutaire et les épreuves,
Et le temps et les siècles du temps
Pour se reprendre !

S’ils savaient la saveur de ta Sagesse
Pourquoi cracheraient-ils ?
S’ils savaient la douceur de ton silence
Pourquoi chercheraient-ils d’autres plaisirs ?
S’ils avaient vu, dans le coeur de leur coeur,
Briller ta discrète lumière
Pourquoi donc s’iraient-ils perdre à tâtons
Aux ténèbres extérieurs ?

Lanza Del Vasto – Extrait de la prière de Noé

Le partage des vêtements
Le partage des vêtements

Pâques – Jeudi – La sainte Cène

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La Cène – Fra Angelico

Un petit nombre seulement
Sait le Mystère de l’amour,
Eprouve l’insatisfaction
Et la soif éternelle.
La signification
Divine et la Cène
Aux sens humains est une énigme.
Mais qui jamais a bu
Sur de brûlantes lèvres bien-aimées
Le souffle de la vie ;
Senti son cœur, au saint embrasement,
Se fondre en ondes frémissantes ;
Qui a ouvert les yeux
Pour mesurer l’abîme
Insondable du ciel :
Il mangera, celui-là,
de Son Corps
Et boira de Son Sang
A jamais éternel.

pain_vinLe corps terrestre, qui en a
Déchiffré le sublime sens ?
Qui peut affirmer
Avoir compris le sang ?
Un jour, tout sera corps,
Unique corps,
Et dans le sang céleste baignera
Le couple bienheureux.
– Oh ! l’immense océan,
Que ne se rougit-il déjà !
Et le rocher, que n’émerge-t-il pas,
Que n’est-il chair exquise et parfumée !
Jamais il n’a de fin, le festin de délices,
Et jamais l’amour ne se rassasie.
Il ne possède l’être aimé jamais assez,
Ni d’une étreinte assez profonde et personnelle.la_cene_1494-1554_Burgo

Par des lèvres toujours un peu plus délicates,
L’aliment absorbé se change toujours plus,
Se fait plus intérieur, plus intime et plus proche.
L’âme vibre et frissonne
D’une plus haute et chaleureuse volupté,
Toujours plus affamé,
Plus assoiffé devient le cœur –
Et c’est ainsi qu’à travers les éternités
La volupté d’amour dure et se perpétue.
Ceux qui restent à jeun,
S’ils y avaient goûté seulement une fois,
Ils laisseraient tout là
Et viendraient avec nous s’asseoir
A la table dressée et jamais vide
Du Fervent Désir.
Ils y reconnaîtraient
L’inépuisable plénitude de l’Amour,
Et célébreraient la consommation
Du Corps et du Sang.

 

Novalis (Cantique VII)

Pâques – Jeudi – Le dernier repas et la trahison

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La trahison de Judas – Martin Schoengaueur (Colmar)

Ce que ta main fait, donne-le : faire t’appartient, et donner est une joie de plus.
Si tu fais par amour du fruit, sache que tout fruit pourrit ; si tu fais pour complaire aux autres, sache que toute fleur se fane. Mais si tu fais pour l’amour du bien, ton acte demeurera dans le bien, détaché des choses et de toi.

Lanza del Vasto (extrait de Proses, Sainte Marthe)

Pâques – Jeudi – Le lavement des pieds

Le lavement des pieds - Fra Angelico
Le lavement des pieds – Fra Angelico

C’est ici ton tabouret : ici tes pieds reposent où il vit le très pauvre, l’infirme et le perdu.
Si je tente de m’incliner vers toi, ma révérence ne parvient pas à cette profondeur où reposent tes pieds parmi le très pauvre, l’infirme et le perdu.
Où ne hante jamais l’orgueil, là tu marches dans la livrée de l’humble, parmi le très pauvre, l’infirme et le perdu.
Mon coeur jamais ne trouvera sa route vers où tu tiens compagnie à ceux qui sont sans compagnon, parmi le très pauvre, l’infirme et le perdu.

R. Tagore n°10

Pâques – Lundi – Les marchands du temple

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Jésus chassant les marchands du Temple – El Greco

Lorsqu’il fit jour, ils vinrent dans ma maison et dirent :
– « Nous n’occuperons ici qu’une toute petite place ».
Ils dirent :
– « Nous t’assisterons dans le culte de ton Dieu et nous n’accepterons humblement que notre portion de sa grâce. » :
Puis ils s’assirent dans un coin et se tinrent débonnairement tranquilles.
Mais dans l’obscurité de la nuit, turbulents et osés, avec une avidité impie, ils violèrent mon sanctuaire ; et je trouvai l’autel tout dépouillé de ses offrandes.

Rabîndranâth Tagore
L’Offrande lyrique