Archives par mot-clé : Marie

Avent

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Terre maternelle
Tu as reçu la semence vivante
Dans l’abri de ton sol
Sombre et accueillant.
L’ample manteau de la nuit
Etendu sur nous,
Et me soleil tandis qu’il parcourt
Sa ronde rapide et brève,
Parlent à nos coeurs
Par des signes et des promesses.
Toi la Terre du as porté
Les pas de Marie
Quand patiemment elle cheminait
Vers le sud, jusqu’à Bethléem ;
Et tu nous portes
Aujourd’hui dans nos labeurs,
Afin que le Christ
Puisse naître en nous.
Nous l’attendons
Lui l’envoyé du Père,
Qui guérit et apporte
En notre être
L’amour, véritablement.

Adam Billteston

 

La Visitation

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« Mon âme exalte le Seigneur,
et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur,
parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante.
Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Saint est son nom,
et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe.
Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,
Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde,
selon qu’il l’avait annoncé à nos pères – en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais ! »
(Luc 1, 39-56)

L’Annonciation

AnnonciationLe Père Eternel appela alors un archange
Qui s’appelait saint Gabriel
Et il l’envoya à une jeune vierge
Qui s’appelait Marie.

C’est du consentement de cette vierge
Que dépendait le mystère
Où l’adorable Trinité
Devait revêtir le Verbe d’une chair mortelle.

Les trois Personnes ont concouru à cette œuvre,
En une seule le mystère s’est accompli.
Et le Verbe s’est incarné
Dans le sein de Marie.

Et celui qui ne venait que du Père Eternel
Voulut avoir aussi une Mère
Qui néanmoins ne le conçut pas
Comme les autres mères d’ici-bas.

C’est de ses entrailles
qu’Il reçut sa chair,
Aussi le Fils de Dieu
S’est-il appelé aussi le Fils de l’homme.

Saint Jean de la Croix, poésie XVIII

Pâques – Vendredi – La mise au tombeau

Descente de croix - Fra Angelico
Descente de croix – Fra Angelico
étail Jean- Fra Angelico
Détail Jean- Fra Angelico

Quand ils t’auraient tous renié,
Je Te resrerai, moi, fidèle :
que ne soit morte à tout jamais
La gratitude sur la terre.
Tu as pour moi revêtu la Passion,
Pour moi tu as souffert la mort :
Aussi mon coeur, à tout jamais,
Joyeusement, je Tel le donne.

Novalis – Cantique VI

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Détail Marie-Madeleine Fra Angelico

Faites que je ne cherche pas tant à être consolé que de consoler,
D’être compris que de comprendre, d’être aimé que d’aimer
Parce que
C’est en donnant que l’on reçoit.
C’est en s’oubliant soi-même
Que l’on se retrouve soi-même.
C’est en pardonnant qu’on obtient le parton.
C’est en mourant que l’on ressuscite à l’éternelle vie.

Extrait de la prière de Saint François d’Assise (XIIIème siècle)

Pieta et déploration sur le corps du Christ - Fra Angelico
Pieta et déploration sur le corps du Christ – Fra Angelico
Détail - Marie
Détail – Marie

Je connais à présent des délices plus profondes que la douleur.
Si contempler ton visage n’est pas le royaume des cieux,
Je ne sais pas ce que c’est que le royaume des cieux.
Je ne te vois pas avec mes yeux, mais avec mon coeur.
Ton visage est miroir où je bois l’oubli de moi-même.

Lanza Del Vasto – Proses « Marie de Béthanie »

Piéta - Pérugin
Piéta – Pérugin

Libre, l’Amour nous est donné,
Plus de séparation jamais.
Car le flot de la pleine vie
Est comme une mer infinie.
O Nuit unique, ô volupté !
Poème unique de l’éternité !
– Et le soleil, devant les yeux
De tous, c’est la Face de Dieu.

Novalis – Hymnes à la Nuit

 Mise au tombeau - Fran Angelico

Mise au tombeau – Fran Angelico
Embaumement du Christ - Allessandro Allori
Embaumement du Christ – Allessandro Allori

La Visitation

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Mariotto Albertinelli

Elle chante. Dans le jardin de Zacharie,
Droite au milieu des lis qu’elle égale en splendeur,
Pour répondre au salut d’Élisabeth, Marie
En un cantique ardent laisse éclater son coeur.

Elle semble un roseau qu’embellit la tempête.
Le souffle surhumain qui, sous l’ancienne Loi,
Fit tonner ou gémir le verbe des Prophètes
S’est abattu sur Elle et parle par sa voix.

Fille du Roi-Poète, elle observe la règle
À laquelle obéit le rythme des Hébreux ;
Colombe, elle s’élance à la suite des aigles,
Et son vol virginal l’emporte plus haut qu’eux.

Toute humaine beauté devant toi s’humilie,
Pur chant d’amour jailli d’un sein qui porte Dieu.
Et dont chaque verset, pareil au char d’Élie,
S’élance vers le ciel en un essor de feu.

Elle chante. Un figuier sur son beau front se voûte.
C’est par un jour brûlant où le ciel est profond.
Élisabeth se tait, et Zacharie écoute
De tout son être ainsi que les aveugles font.

Cependant, invisible à la Vierge elle-même,
Au-dessus des grands lis qu’effleure son orteil
Un Chérubin accorde aux strophes du poème
Son luth éblouissant dressé dans le soleil.

Louis MERCIER