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L’Ange gardien

Toute souffrance endurée,
Toute parole prononcée,
Tout souhait et toute peur,
Toute joie ressentie,
Mon ange les partage avec moi.

Que ta douce chaleur,
Ô Ange, se remplisse toujours plus
D’une force nouvelle
Issue du Christ qui Lui-même
Va de par le monde en tant qu’Ange

Adam Bittleston
Prières pour notre temps
Editions Iona

Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain

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Certe, elle n’était pas femme et charmante en vain ;
Mais le terrestre en elle avait un air divin ;
Des flammes frissonnaient sur mes lèvres hardies ;
Elle acceptait l’amour et tous ses incendies,
Rêvait au tutoiement, se risquait pas à pas,
Ne se refusait point et ne se livrait pas ;
Sa tendre obéissance était haute et sereine ;
Elle savait se faire esclave et rester reine,
Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu
Que d’avoir tout donné sans avoir rien perdu !
Elle était nue avec un abandon sublime
Et, couchée en un lit, semblait sur une cime.
À mesure qu’en elle entrait l’amour vainqueur,
On eût dit que le ciel lui jaillissait du coeur ;
– Elle vous caressait avec de la lumière ;
La nudité des pieds fait la marche plus fière
Chez ces êtres pétris d’idéale beauté ;
Il lui venait dans l’ombre au front une clarté
Pareille à la nocturne auréole des pôles ;
À travers les baisers, de ses blanches épaules
On croyait voir sortir deux ailes lentement ;
Son regard était bleu d’un bleu de firmament ;
Et c’était la grandeur de cette femme étrange
Qu’en cessant d’être vierge, elle devenait ange.

Victor Hugo

Pâques – Jeudi – Le jardin de Gethsémani

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Tarchiani

Aux pires heures de détresse
Quand le coeur est près de flancher,
Quand l’angoisse est là qui nous ronge,
Du mal qui va nous emporter :
Songeant au chagrin, à la peine
Qui vont peser sur ceux qu’on aime,
Nos yeux sont voilés d’un nuage
Où ne perce plus nul espoir.

Oh! c’est alors Dieu qui se penche
Et nous approche Son amour;
Quand nous n’aspirons qu’à mourir,
Son Ange vient et nous assiste,
Portant le calice de Vie,
Glissant en nous le réconfort;
On ne demande pas en vain
Aussi Sa paix pour ceux qu’on aime.

Novalis (Cantique XIII)