Archives pour la catégorie Nativité

L’adoration des bergers

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Adoration des bergers – Philippe de Champaigne (1628)

Le Ciel s’abaisse, il veut se faire Terre.
Quand donc la Terre s’élèvera-t-elle pour se faire Ciel ?

Pense donc à ce qu’est l’humilité !
Vois de quoi la simplicité est capable.
Répond moi, petit peuple de mon cœur,
Qu’as-tu donc chanté quand tu pénétras dans l’étable,
La voix tremblante et que tu aperçus Dieu sous la forme d’un enfant ?

Puisque désormais Dieu le plus grand, est considéré comme le « petit »,
Mon désir majeur est de devenir comme un enfant.

L’éclat de la gloire brille au milieu de la nuit.
Qui peut le voir ?

Un cœur qui a des yeux et qui veille.

(Angelus Silesius, extraits du Pélerin chérubinique)

Il est toute étoile ; Il est le soleil

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Voici le sauveur, et les yeux le voient,
Des yeux qui pourtant du sauveur sont pleins.
De fleurs, il aura la tête parée
Et son saint regard brille en ce bouquet

Il est toute étoile ; Il est le soleil ;
Il est la source éternelle de vie.
On voit luire à travers plantes et pierres,
Lumière et mer, son visage d’enfant.

Son enfance est là, dans toutes les choses.
Son brûlant amour jamais ne repose.
Infiniment fort Il vient se serrer
Contre tous les cœurs sans même y penser.

Novalis (Cantiques, extraits)

Grande, très grande révélation !

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Grande, très grande révélation !
Ce n’est pas ici un vain spectacle d’art et de sensibilité, simple volupté du cœur et des yeux.
Non, c’est un acte de foi, un mystère, mais non absurde, la base sérieuse et solide de religion, d’éducation, sur lequel va s’élever tout le développement de la vie humaine.
Quel est ce mystère ? Le voici…

(Texte de Jules Michelet, La Femme)

Je serai le quatrième mage

Seigneur, si tu veux m’attendre encore,
je serai le quatrième mage,
parti de nulle part,
parti sans étoile aux cieux
pour un voyage au bout du temps,
pour un voyage au bout de moi…

Quand les ténèbres brouillent toutes pistes,
quand ma boussole intérieure bat la chamade,
quand ma route s’enroule sur elle-même,
tu me montres quelque part dans la nuit
l’étoile inconnue que tu fais lever pour moi !

Tu me dis que je n’ai pas perdu ma vie,
ce temps que j’avais rêvé tout autre !
Tu me dis que tu m’attends encore,
car la fête ne commencera pas sans moi.

Et je t’offrirai mon enfance
tapie sous les décombres de mon passé…
J’adorerai l’enfant de Noël
comme on s’agenouille émerveillé
devant le miracle fragile
d’une Parole enfin devenue vraie.

Maintenant, je te vois en l’enfant de Noël
t’agenouiller devant moi
pour que je devienne enfin ton enfant.

Lytta Basset

Avent

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Terre maternelle
Tu as reçu la semence vivante
Dans l’abri de ton sol
Sombre et accueillant.
L’ample manteau de la nuit
Etendu sur nous,
Et me soleil tandis qu’il parcourt
Sa ronde rapide et brève,
Parlent à nos coeurs
Par des signes et des promesses.
Toi la Terre du as porté
Les pas de Marie
Quand patiemment elle cheminait
Vers le sud, jusqu’à Bethléem ;
Et tu nous portes
Aujourd’hui dans nos labeurs,
Afin que le Christ
Puisse naître en nous.
Nous l’attendons
Lui l’envoyé du Père,
Qui guérit et apporte
En notre être
L’amour, véritablement.

Adam Billteston

 

La Visitation

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« Mon âme exalte le Seigneur,
et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur,
parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante.
Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Saint est son nom,
et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe.
Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,
Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde,
selon qu’il l’avait annoncé à nos pères – en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais ! »
(Luc 1, 39-56)

L’Annonciation

AnnonciationLe Père Eternel appela alors un archange
Qui s’appelait saint Gabriel
Et il l’envoya à une jeune vierge
Qui s’appelait Marie.

C’est du consentement de cette vierge
Que dépendait le mystère
Où l’adorable Trinité
Devait revêtir le Verbe d’une chair mortelle.

Les trois Personnes ont concouru à cette œuvre,
En une seule le mystère s’est accompli.
Et le Verbe s’est incarné
Dans le sein de Marie.

Et celui qui ne venait que du Père Eternel
Voulut avoir aussi une Mère
Qui néanmoins ne le conçut pas
Comme les autres mères d’ici-bas.

C’est de ses entrailles
qu’Il reçut sa chair,
Aussi le Fils de Dieu
S’est-il appelé aussi le Fils de l’homme.

Saint Jean de la Croix, poésie XVIII

Laisse en ton âme s’avancer profondément son doux regard

Giotto (détail)
Giotto (détail)

Au loin, à l’est, le jour blanchit,
La nuit des temps se rajeunit ;
Longue et profonde, une gorgée
Aux claires sources irisées !
Voici le vieux désir comblé, sanctifié,
Le doux amour divinement transfiguré.

Sur la terre Il descend enfin
L’Enfant béni de tous les cieux ;
De nouveau souffle autour du monde
Le vent de vie, inspirateur du chant;
Rassemblant les cendres éparses du passé,
Il les ranime et fait jaillir la flamme neuve.

Partout surgit des profondeurs
Un sang nouveau, une nouvelle vie;
Pour nous mettre en paix éternelle
Il s’immerge aux flots de la vie,
Et là, debout, au beau milieu, à pleines mains
Il exauce en sa Grâce toutes nos prières.

Laisse en ton âme s’avancer
Profondément son doux regard,
Et par son éternel bonheur
Tu seras envahi toi-même.
Les cœurs et les esprits, et tous les sens aussi
Vont commencer ensemble une danse nouvelle.

Prends et tiens hardiment Sa main,
Imprègne-toi de Son visage :
Tu dois, tourné vers Lui sans cesse
T’épanouir à son Soleil.
Tu n’as qu’à Lui ouvrir ton cœur entièrement,
Et comme une épouse fidèle, Il sera tien

Nôtre Il est, à présent, le Dieu
Qui nous faisait trembler naguère!
Partout Il a, du Sud au Nord,
Eveillé de célestes germes.
Et nous, dans ce jardin de Dieu, nous n’avons plus
Qu’à bien soigner chaque bouton et chaque fleur.

Novalis

Nativité – sur la naissance de Jésus

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Naissance de Jésus – Albertinelli

O mystère fertile en merveilles étranges !
Ouvrez-ici, Mortels, et vos cœurs et vos yeux,
Et vous, purs Séraphins, sainte Troupe des Anges,
Venez, d’un vol ardent, en ces terrestres Lieux.
Celui dont, jour et nuit, vous chantez les Louanges,
A quitté, pour un temps, la demeure des Cieux :
Son Habit de Lumière est caché sous des Langes ;
Il change, en un toit Vil, son Palais glorieux

Sur la naissance de Notre-Seigneur
Admiration (extraits)
Laurent Drelincourt – 1795